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Amadou et Mariam
Funky-afro-blues agréable et percutant. Amadou et Mariam mélangent musique traditionnelle malienne, tablas indiens, guitares rock, harmonica, ney égyptien et harmonies vocales. Bambaras tous les deux, originaires de Sikasso, au sud du Mali, Amadou et Mariam se sont rencontrés en 1973 à l’Institut des Jeunes Aveugles de Bamako. Amadou Bagayoko était musicien professionnel depuis plusieurs années. En 1974, il est engagé par le grand guitariste Guinéen Kanté Manfila au sein des Ambassadeurs, l’un des deux grands orchestres emblématiques de Bamako avec le Rail Band. Amadou considère ces années comme très formatrices. Il a pu étudier tous les ressorts des musiques de danses, surtout afro-cubaines. Mariam Doumbia, quant à elle, chante de sa voix claire et assurée depuis sa plus tendre enfance, dans des fêtes de villages et de quartiers qui fondent le lien social. En 1980, le couple décide de faire carrière ensemble. Si leur musique s’est développée au Mali, elle intègre des influences d’ailleurs. Le couple perçoit beaucoup de correspondances entre la musique bambara et le blues. "Le Blues est une des grandes influences de notre musique", dit Amadou : "Nous avons beaucoup écouté de musiques anglo-saxonnes : John Lee Hooker, Stevie Wonder, Pink Floyd, Eric Clapton... Sur ma guitare, je marie le son du n’goni, (instrument à cordes malien) avec celui du blues". Les musiques mandingues et moyen-orientales représentent pour eux d’autres sources d’inspiration. Mariam tient à parler de leurs rôles de messagers : "Dans le milieu bambara, les gens écoutent les chanteurs et les évoquent. Ils sont cités en référence et tous les mots sont écoutés avec précision et avec beaucoup d’attention". D’où, l’émergence d’une morale à tirer de leurs chansons. Amadou explique : "Quand nous chantons Mouna en concert, par exemple, nous témoignons du fait que les gens n’arrivent pas à s’entendre. Et, en conclusion, nous demandons qu’ils se comprennent, qu’ils se donnent la main, et qu’ils travaillent ensemble. C’est notre souci majeur." En 2008 le couple signe un nouvel opus intitulé "Welcome to Mali". Différent de la sono mondiale de l'ancien leader de la Mano Negra, les sons electro-funky-pop du disque sont assurés par les pointures du genre : Damon Albarn (Blur, Gorillaz), M (qui chante également sur le titre "Masiteladi") , Juan Rozoff, le rappeur canadien d’origine somalienne K'Naan ou encore Keziah Jones. Tiken Jah Fakoly présent lui aussi sur l'album, narre l’histoire de ses ancêtres Fakoly, constructeurs de l’empire mandingue, sur un titre caché. Bref, un retour très réussi !
Pierre Cuny
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